En résumé : Sur une ordonnance de lunettes, la sphère corrige la myopie (-) ou l’hypermétropie (+). Le cylindre corrige l’astigmatisme, avec un axe en degrés (0 à 180). L’addition est la correction supplémentaire pour la vision de près, utile en cas de presbytie. Ces chiffres sont exprimés en dioptries.

Qu’est-ce qu’une dioptrie ?

La dioptrie (δ ou D) est l’unité de mesure de la puissance d’un verre correcteur. Plus la valeur est élevée (en valeur absolue), plus la correction est forte. Par exemple :

  • -1,00 dioptrie : myopie faible
  • -5,00 dioptries : myopie forte
  • +2,00 dioptries : hypermétropie modérée ou presbytie débutante

Les dioptries se lisent indépendamment du signe : |-5,00| = 5 dioptries.

La sphère : corriger la myopie ou l’hypermétropie

La sphère est la correction principale. Elle agit sur la puissance globale de l’œil.

  • Sphère négative (-) : myopie. L’œil est trop long, l’image se forme avant la rétine, la vision de loin est floue. Exemple : -2,50 dioptries pour une myopie modérée.
  • Sphère positive (+) : hypermétropie. L’œil est trop court, l’image se forme derrière la rétine, la vision de près et parfois de loin est floue. Exemple : +1,50 dioptrie.
  • Sphère « plan » ou « pl » : pas de correction sphérique.

Sophie, 42 ans, a une sphère de -2,00 sur les deux yeux : elle est myope modérée. Elle voit flou au loin sans lunettes et net à 50 cm sans correction.

Le cylindre : corriger l’astigmatisme

L’astigmatisme est un défaut optique lié à une cornée ou un cristallin déformés (pas parfaitement ronds). L’image se forme sur plusieurs plans au lieu d’un seul. Résultat : une vision floue ou dédoublée à toutes les distances, plus marquée sur certaines lignes.

Le cylindre compense cette déformation. Il est exprimé en dioptries, avec un signe négatif (convention européenne) ou positif (convention américaine). Il doit être accompagné d’un axe.

Exemple : cylindre -0,75 axe 180° sur l’OD. Cela signifie une correction d’astigmatisme modérée, orientée à l’horizontale.

L’axe : orientation de l’astigmatisme

L’axe indique l’orientation du cylindre en degrés, de 0° à 180° :

  • 0° ou 180° : horizontal
  • 90° : vertical
  • 45° : oblique

L’axe se mesure avec précision lors de la réfraction. Un axe mal ajusté peut provoquer des maux de tête ou une gêne visuelle.

L’addition : corriger la presbytie

La presbytie est le vieillissement normal du cristallin (la « lentille » interne de l’œil) qui perd sa capacité d’accommoder pour voir de près. Elle apparaît généralement après 40-45 ans.

L’addition (Add ou Ajout) est une correction supplémentaire ajoutée à la sphère pour la vision de près :

  • Addition +1,00 : presbytie débutante (vers 45 ans)
  • Addition +2,00 : presbytie modérée (vers 55 ans)
  • Addition +3,00 : presbytie avancée (vers 65 ans)

L’addition est toujours positive, et identique sur les deux yeux (ou quasi). Elle s’applique uniquement à la vision de près.

Mohamed, 65 ans, a une sphère de -1,50 OD/OG et une addition de +2,50. Pour la vision de loin : correction de -1,50. Pour la vision de près : -1,50 + 2,50 = +1,00.

Comment lire une ordonnance complète

Voici un exemple d’ordonnance type :

  • OD : sphère -2,00 cylindre -0,50 axe 175° addition +1,50
  • OG : sphère -1,75 cylindre -0,25 axe 180° addition +1,50

Décryptage :

  • Œil droit : myopie de 2 dioptries, petit astigmatisme (0,5 D à 175°), presbytie modérée (addition +1,50)
  • Œil gauche : myopie légèrement plus faible (1,75 D), astigmatisme faible, même addition

Cette personne a donc besoin de verres progressifs (correction continue de loin vers près) ou d’une paire vision de loin + une paire vision de près, selon son mode de vie.

La différence entre OD et OG

  • OD = œil droit (oculus dexter)
  • OG = œil gauche (oculus sinister, parfois noté OS)

En notation anglo-saxonne : R (Right) et L (Left). Les deux coexistent selon les logiciels médicaux.

Pourquoi les corrections diffèrent-elles entre les deux yeux ?

C’est normal. Rares sont les personnes avec exactement la même correction à gauche et à droite. La différence est souvent minime (0,25 à 0,50 dioptrie) et sans conséquence.

Une différence importante (supérieure à 2 dioptries) entre les deux yeux s’appelle anisométropie. Elle peut nécessiter une adaptation particulière des verres ou le recours aux lentilles.

La notation des valeurs : pourquoi des quarts de dioptrie ?

Les corrections sont exprimées par quarts : 0,25 — 0,50 — 0,75 — 1,00 — 1,25, etc. C’est la précision offerte par les verres standards. Une correction intermédiaire (par exemple 0,40) est arrondie au quart le plus proche.

Que signifient les mentions « VL » et « VP » ?

  • VL : Vision de Loin
  • VP : Vision de Près
  • VI : Vision Intermédiaire (écrans, tableau de bord)

Certaines ordonnances séparent la correction pour chaque distance, notamment pour les personnes presbytes qui portent une paire différente selon l’usage.

Qu’est-ce qu’un prisme ?

Un prisme dévie la lumière dans une direction. Il corrige certaines déviations oculaires ou vertiges d’origine visuelle. Il s’exprime en dioptries prismatiques (Δ), avec une base (interne, externe, supérieure, inférieure).

Les prismes sont moins fréquents qu’une simple correction sphérique ou cylindrique. Ils sont prescrits par l’ophtalmologue en cas de strabisme, de diplopie ou de déséquilibre oculomoteur.

Quel type de verres pour quelle correction ?

Le choix des verres dépend de la correction :

  • Unifocaux (VL ou VP) : une seule distance corrigée
  • Progressifs : correction continue, idéal pour les presbytes
  • Bifocaux : deux zones, plus rares aujourd’hui
  • Dégressifs (verres de bureau) : intermédiaire + près
  • Mi-distance : pour musiciens, chirurgiens, métiers spécifiques

L’opticien vous conseillera selon votre correction et votre mode de vie.

Questions fréquentes

Ma correction a changé, est-ce grave ?

Non, c’est fréquent. La vision évolue avec l’âge : apparition de la presbytie après 40 ans, stabilisation ou légère progression chez l’adulte jeune, progression plus rapide chez l’enfant.

Plus de dioptries = moins bonne vision ?

Pas forcément. Les dioptries mesurent la correction nécessaire, pas la qualité de vision avec les lunettes. Une personne avec -8 peut voir parfaitement nette avec ses lunettes.

Mes deux yeux ont une correction différente, est-ce un problème ?

Pas en soi. Le cerveau s’adapte. Si la différence est importante, des lentilles peuvent mieux convenir que des lunettes.

Puis-je comparer deux ordonnances pour suivre l’évolution ?

Oui, c’est très utile. Notez les valeurs sphère/cylindre/axe/addition de chaque ordonnance et comparez. Votre ophtalmologue en tient compte pendant la consultation.

Que faire si je ne comprends pas ma correction ?

Demandez à votre ophtalmologue ou à votre opticien. Ce sont des professionnels formés à l’explication. Une ordonnance doit être comprise par le patient.

Existe-t-il des applications pour visualiser sa correction ?

Des simulateurs en ligne permettent de visualiser approximativement la vision associée à une correction. Ils sont indicatifs et ne remplacent pas un avis médical. Vérifiez la fiabilité de l’outil et ne changez jamais vos lunettes sur cette base seule.

Les cas particuliers fréquents

Certaines ordonnances présentent des particularités qu’il faut savoir identifier :

  • Ordonnance avec prismes : correction d’une déviation oculaire. Exemple : « OD : sphère -2,00, prisme 2Δ base interne ». Nécessite des verres prismatiques plus complexes à fabriquer.
  • Ordonnance pour verres progressifs : mentionne à la fois la correction vision de loin (sphère, cylindre, axe) et l’addition pour la vision de près.
  • Ordonnance pour lentilles : inclut des paramètres supplémentaires comme le rayon (R ou BOZR), le diamètre (D ou TD), parfois le matériau (hydrogel, silicone-hydrogel, rigide).
  • Ordonnance avec filtre : peut préciser un filtre bleu (pour les écrans), un filtre photochromique, ou une teinte spécifique.
  • Ordonnance anisométropique : forte différence entre les deux yeux, avec parfois une mention spécifique « équi-puissance » ou recommandation de lentilles plutôt que lunettes.

Évolution typique d’une correction au fil de la vie

La correction évolue souvent selon ces grands repères :

  • Enfance et adolescence : apparition fréquente de la myopie, qui peut progresser jusqu’à 20-25 ans. Surveillance annuelle recommandée.
  • Adulte jeune (20-40 ans) : stabilisation de la correction pour la majorité. Myopie, hypermétropie ou astigmatisme généralement stables.
  • Vers 40-45 ans : apparition de la presbytie. Une addition progressive est nécessaire pour la vision de près.
  • Après 60 ans : évolutions liées à la cataracte débutante (modification subtile de la réfraction), à la DMLA (pas de modification de correction mais de fonction visuelle), au glaucome (champ visuel).
  • Après 70 ans : correction parfois plus stable après chirurgie de la cataracte, mais suivi régulier pour les pathologies rétiniennes et le glaucome.

Ces repères sont généraux et ne préjugent pas de votre situation personnelle. Une évolution rapide ou inhabituelle doit toujours faire l’objet d’un avis médical.

Ce qu’il faut retenir

  • Sphère : myopie (-) ou hypermétropie (+)
  • Cylindre + axe : astigmatisme, correction et orientation
  • Addition : correction de près (presbytie)
  • OD = œil droit, OG = œil gauche
  • Tout est exprimé en dioptries, par quarts

Pour aller plus loin :

Expert en problèmes de vue et fatigues des yeux.

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