En résumé — Après 60 ans, trois maladies dominent le paysage ophtalmologique : cataracte (opacification du cristallin, opérable), DMLA (atteinte de la rétine centrale) et glaucome (atteinte du nerf optique). Un suivi annuel à biannuel est recommandé, avec fond d’œil, tension oculaire et, si besoin, OCT. Dépistage tôt = traitement plus efficace.
Martine, 64 ans, trouve que ses lunettes « ne vont plus », la conduite de nuit l’éblouit, elle peine à reconnaître un visage à 5 mètres. Elle pense d’abord à de la fatigue. Son ophtalmologue diagnostique une cataracte bilatérale débutante et, à la faveur de l’examen, un début de DMLA sèche. Un cas typique du bilan après 60 ans.
Trois grandes maladies à connaître
La cataracte
Opacification progressive du cristallin (lentille interne de l’œil). Très fréquente après 65 ans. Le traitement est chirurgical : on remplace le cristallin par un implant. C’est l’une des interventions les plus pratiquées en France.
La DMLA
La dégénérescence maculaire liée à l’âge touche la macula (zone centrale de la rétine responsable de la vision fine). Deux formes :
– Sèche (atrophique) : évolution lente, pas de traitement curatif à ce jour
– Humide (néovasculaire) : plus brutale, traitée par injections intra-vitréennes d’anti-VEGF
Selon l’INSERM, la DMLA est la première cause de malvoyance après 50 ans dans les pays développés.
Le glaucome
Atteinte du nerf optique, le plus souvent liée à une pression intra-oculaire trop élevée. Silencieux pendant des années. Le traitement (collyres, laser, chirurgie) stabilise la maladie mais ne restaure pas les pertes du champ visuel.
Quels symptômes surveiller ?
| Signe | Peut évoquer |
|---|---|
| Vision floue globale, halos, éblouissement | Cataracte |
| Tache ou ligne déformée au centre | DMLA |
| Rétrécissement du champ visuel latéral | Glaucome |
| Baisse brutale de vision | Urgence (OVCR, décollement, occlusion) |
| Douleur oculaire intense + nausées | Crise de glaucome à angle fermé |
À quelle fréquence consulter ?
- Sans facteur de risque : tous les 1 à 2 ans
- Antécédents familiaux de glaucome ou DMLA : tous les ans
- Diabétique : fond d’œil annuel (HAS)
- Myope fort : tous les ans
- Suivi établi d’une pathologie : selon le rythme fixé par l’ophtalmologue
La chirurgie de la cataracte : quand, comment ?
On opère quand la gêne visuelle retentit sur la vie quotidienne : conduite, lecture, reconnaissance des visages. L’intervention se fait en ambulatoire, sous anesthésie locale, avec remplacement du cristallin par un implant. Récupération visuelle généralement rapide (quelques jours à semaines).
Les implants peuvent être monofocaux (une distance), multifocaux ou toriques (pour l’astigmatisme). Le choix se discute avec le chirurgien selon l’anatomie et les attentes, en dehors de toute recommandation de marque.
DMLA : injections et suivi
La DMLA humide se traite par injections intra-vitréennes d’anti-VEGF à intervalles réguliers. Objectif : stabiliser la maladie, voire récupérer un peu de vision. Le rythme (mensuel, puis espacé) dépend de la réponse individuelle.
Autotest utile : la grille d’Amsler, à regarder 1 œil à la fois. Si les lignes deviennent ondulées ou qu’une tache apparaît, consulter rapidement.
Glaucome : tenir le cap sur le traitement
Le glaucome nécessite un traitement au long cours (souvent des collyres à vie), rythmé par des contrôles réguliers : tension oculaire, champ visuel, OCT du nerf optique. La mauvaise observance est une des principales causes d’aggravation.
Tabac, alimentation, activité physique
- Arrêter le tabac : bénéfice prouvé sur DMLA et cataracte (Santé publique France)
- Alimentation riche en légumes verts, poissons gras, fruits (lutéine, oméga-3)
- Activité physique régulière : bénéfique y compris pour la tension oculaire
- UV : lunettes CE, catégorie 3 à la montagne ou à la mer
Quand consulter en urgence après 60 ans ?
- Baisse visuelle brutale, même partielle
- Éclairs + mouches volantes nouvelles
- « Rideau » qui descend
- Douleur oculaire vive + nausées (crise de glaucome aigu)
- Œil rouge avec baisse d’acuité
FAQ
La cataracte peut-elle revenir après opération ?
L’implant ne s’opacifie pas, mais la capsule qui le maintient peut s’opacifier secondairement (cataracte secondaire). Un laser YAG règle le problème en quelques minutes.
Peut-on prévenir la DMLA ?
Pas totalement. L’arrêt du tabac, une alimentation équilibrée et le contrôle tensionnel diminuent le risque.
Le glaucome rend-il aveugle ?
Rarement s’il est dépisté et traité. C’est le défaut de dépistage et d’observance qui est le vrai ennemi.
Les aides visuelles basse-vision sont-elles remboursées ?
Certaines le sont partiellement. Orientation possible via l’ophtalmologue, les orthoptistes spécialisés, ou une MDPH. Détails sur Ameli.fr.
L’opération de la cataracte corrige-t-elle la presbytie ?
Oui, partiellement, selon le type d’implant choisi. À discuter en bilan préopératoire.
Ce qu’il faut retenir
- Après 60 ans : bilan ophtalmologique annuel à biannuel
- Cataracte, DMLA et glaucome sont les trois sujets dominants
- Autotest Amsler recommandé pour surveiller la macula
- Cataracte opérable quand elle gêne la vie quotidienne
- DMLA humide : injections d’anti-VEGF
- Glaucome : observance du traitement essentielle
- Signes d’urgence : baisse brutale, éclairs, rideau, douleur
Ressources officielles
- Société Française d’Ophtalmologie — sfo.asso.fr
- HAS — recommandations DMLA, glaucome, cataracte
- Ameli.fr — remboursements chirurgie et injections
- INSERM — dossiers vieillissement oculaire
- Association DMLA, Retina France
Pour aller plus loin
- Vision après 70 ans : accompagner les proches
- Vision après 50 ans : repères de dépistage
- Aidants et DMLA : accompagner un proche malvoyant
- Diabète et yeux : dépistage annuel de la rétinopathie
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