En résumé : un hypermétrope astigmate peut être équipé de lentilles souples toriques (sphère positive, cylindre négatif) en journalières ou mensuelles, ou de lentilles rigides selon les cas. L’adaptation demande un examen ophtalmologique spécifique. Les indications sont similaires à celles du myope astigmate, avec quelques particularités optiques.

Isabelle, 47 ans, hypermétrope de +2,50 D avec un astigmatisme de -1,00, porte des lunettes depuis toujours. Elle souhaite essayer les lentilles pour les vacances et le sport. Cet article détaille ce qui existe pour les hypermétropes astigmates, moins nombreux mais tout aussi bien équipés que les myopes.

Rappel : hypermétropie + astigmatisme

L’hypermétropie est un trouble où l’image se forme en arrière de la rétine. L’œil doit accommoder (mobiliser son muscle ciliaire) pour ramener l’image au niveau de la rétine. L’ordonnance comporte une sphère positive (exemple : +2,50 D).

Combinée à un astigmatisme, l’hypermétropie donne une ordonnance avec sphère positive, cylindre (souvent négatif en France) et axe. Selon la Société Française d’Ophtalmologie, cette combinaison est fréquente et bien prise en charge en lentilles.

Option 1 : lentilles souples toriques positives

Les lentilles souples toriques existent dans la plupart des gammes en puissance positive (pour l’hypermétropie). Formats disponibles :

  • Journalières toriques positives : hygiène maximale, usage occasionnel ou quotidien.
  • Mensuelles toriques positives : budget plus stable.

Les gammes couvrent généralement :
– Sphère : +0,50 à +6,00 D.
– Cylindre : -0,75 à -2,25 D.
– Axe : tous les 10° (parfois 5°).

Au-delà de ces valeurs, les options se restreignent. Un examen chez l’ophtalmologue permet de déterminer la disponibilité précise.

Option 2 : lentilles rigides perméables au gaz

Les lentilles rigides (LRPG) sont une option pour :

  • Hypermétropes forts (au-delà de +5,00 à +6,00 D).
  • Astigmatismes irréguliers.
  • Intolérance aux souples.
  • Forme cornéenne particulière.

L’adaptation est plus longue mais la qualité visuelle est souvent excellente. La cornée, remodelée optiquement, rend la correction sphérique parfois suffisante.

Pourquoi les hypermétropes sont-ils moins nombreux en lentilles ?

Historiquement, plusieurs raisons expliquent un port un peu moins répandu que chez les myopes :

  • Les hypermétropes jeunes compensent leur trouble par l’accommodation, retardant souvent le recours aux corrections.
  • Les lunettes convexes sont moins épaisses en périphérie que chez un myope fort, donc souvent bien acceptées.
  • La disponibilité des lentilles hypermétropes fortes a parfois été plus limitée.

Aujourd’hui, la plupart des hypermétropes (avec ou sans astigmatisme) peuvent être équipés en lentilles.

Quelle stabilisation pour les toriques positives ?

Le mécanisme de stabilisation reste identique à celui des toriques négatives :

  • Prisme ballasté.
  • Double troncature.
  • Zones fines symétriques.

La règle LARS (Left Add Right Subtract) s’applique pour ajuster l’axe si la lentille tourne légèrement.

Adaptation : les points de vigilance

Chez l’hypermétrope astigmate, l’adaptation demande de surveiller :

  • La vision de près : si l’accommodation est sollicitée, des maux de tête peuvent apparaître.
  • La presbytie débutante : un hypermétrope devient presbyte plus tôt qu’un myope. L’addition pour la lecture se manifeste parfois vers 40-42 ans.
  • La sécheresse oculaire : l’accommodation intensive peut provoquer un clignement réduit.

Un contrôle régulier du film lacrymal et de la vision de près est utile.

Cas pratique : Isabelle

Isabelle, +2,50 D et -1,00 de cylindre, a testé des journalières toriques positives pour les vacances. L’adaptation a été rapide (2 à 3 jours). Elle a choisi de conserver ses lunettes au quotidien mais porte les lentilles pour le sport et les sorties.

Adaptation vers la presbytie

À partir de 40-45 ans, l’hypermétrope astigmate voit apparaître la presbytie. Les options sont alors :

  • Multifocales toriques positives (voir article dédié).
  • Monovision (un œil en loin, un œil en près).
  • Alternance lentilles + lunettes de lecture.

Hygiène et entretien

Règles identiques aux autres porteurs :

  • Lavage des mains avant manipulation.
  • Produit dédié, jamais d’eau du robinet.
  • Étui renouvelé tous les 3 mois.
  • Pas de piscine, douche, bain avec lentilles.
  • Bilan annuel ophtalmologique.

Remboursement

Le remboursement Ameli suit les règles générales : partiel, sous conditions (astigmatisme irrégulier, kératocône, différence de correction importante, etc.). La complémentaire santé complète selon le contrat. Consulter Ameli.fr pour les modalités.

FAQ

Les hypermétropes peuvent-ils tous porter des lentilles ?
Dans la majorité des cas oui, selon la correction et l’état de la cornée.

Faut-il un suivi différent de celui des myopes ?
Non. Les règles de suivi et d’hygiène sont identiques.

Les multifocales toriques positives existent-elles ?
Oui, mais la disponibilité est plus restreinte pour les corrections extrêmes.

La presbytie arrive-t-elle plus tôt chez l’hypermétrope ?
Souvent oui, car l’accommodation est déjà mobilisée en permanence. La gêne apparaît parfois dès 40 ans.

Ce qu’il faut retenir

  • Hypermétrope astigmate : lentilles souples toriques positives dans la majorité des cas.
  • Rigides pour fortes hypermétropies ou astigmatismes irréguliers.
  • Stabilisation similaire à celle des toriques négatives.
  • Vision de près à surveiller, presbytie souvent précoce.
  • Bilan annuel ophtalmologique recommandé.
  • Remboursement sous conditions.

Ressources officielles

Pour aller plus loin : Qu’est-ce que l’hypermétropie, Lentilles pour presbyte et astigmate : multifocales toriques, Lentilles toriques pour astigmate : principe et confort.


Pour aller plus loin :

Expert en problèmes de vue et fatigues des yeux.

Leave A Reply