En résumé : les lentilles multifocales toriques combinent correction d’astigmatisme et correction de presbytie dans une seule lentille. Elles offrent une vision de loin, intermédiaire et de près sans lunettes. L’adaptation demande un réglage fin et un apprentissage neurologique de plusieurs semaines. Elles conviennent à la majorité des presbytes astigmates modérés.
Abdou, 49 ans, astigmate de -1,50 avec une presbytie débutante, cherche à se passer de ses lunettes progressives pour le travail quotidien. Son ophtalmologue lui propose un essai de lentilles multifocales toriques. Cet article explique comment cette combinaison fonctionne et ce qu’il faut anticiper.
Rappel : presbytie + astigmatisme
La presbytie est la perte progressive du pouvoir d’accommodation du cristallin après 40-45 ans. Elle se manifeste par un flou à la lecture. Elle s’exprime en dioptries d’addition (+0,75, +1,00, +1,50, +2,00, +2,50, +3,00).
L’astigmatisme est l’irrégularité de courbure de la cornée, corrigée par un cylindre et un axe.
Combinés, ces deux troubles imposent une correction complète : sphère (éventuellement myopie ou hypermétropie), cylindre, axe et addition.
Comment les multifocales toriques corrigent-elles tout ?
La lentille multifocale torique intègre :
- Une puissance sphérique (positive ou négative).
- Deux puissances selon l’axe pour l’astigmatisme.
- Des zones multifocales pour la vision de près, intermédiaire et de loin.
- Un système de stabilisation (prisme ballasté le plus souvent) pour garder l’orientation.
La majorité utilise le principe de vision simultanée : les différentes images arrivent ensemble sur la rétine, et le cerveau apprend à privilégier celle qui correspond à la distance observée.
Les géométries multifocales
Deux géométries principales coexistent :
- Géométrie concentrique : anneaux de puissances différentes.
- Géométrie asphérique : variation progressive du centre vers la périphérie.
Le choix dépend de l’anatomie de l’œil, de l’ouverture pupillaire et des habitudes visuelles. Plusieurs lentilles d’essai peuvent être proposées.
L’adaptation : un vrai apprentissage
L’adaptation à une lentille multifocale torique demande patience :
- Semaine 1 : vision parfois fluctuante, sensations inhabituelles.
- Semaine 2-3 : amélioration progressive, le cerveau sélectionne mieux.
- Semaine 4-6 : stabilisation pour la plupart des porteurs.
Un porteur sur cinq environ ne s’adapte pas et revient aux lunettes progressives. Ce n’est ni un échec ni un choix mauvais : les attentes et la physiologie individuelle varient.
Monovision : une alternative
La monovision consiste à corriger un œil pour la vision de loin et l’autre pour la vision de près. Avec de l’astigmatisme, on utilise alors deux lentilles toriques différentes (pas multifocales). Cette approche :
- Simplifie la fabrication.
- Offre une bonne vision à chaque distance.
- Demande que le cerveau « dominance » visuelle alterne selon la tâche.
- Peut gêner la vision stéréoscopique (relief, conduite).
La monovision modifiée combine une lentille multifocale et une sphérique ou deux multifocales avec dominance inverse.
Quels avantages attendre ?
Une bonne adaptation offre :
- Vision nette en majorité des situations.
- Indépendance vis-à-vis des lunettes de lecture.
- Confort en sport, sorties, vie sociale.
- Aspect esthétique préféré par certains porteurs.
Quelles limites ?
Les principales contraintes :
- Halos nocturnes possibles, parfois gênants en conduite.
- Vision intermédiaire (écran) parfois moins nette.
- Fatigue visuelle en cas de lecture prolongée.
- Coût : ces lentilles sont plus chères.
- Disponibilité limitée pour les corrections extrêmes.
Un bilan à 1 mois permet d’ajuster si nécessaire.
Cas pratique : Abdou
Abdou, 49 ans, sphère neutre, -1,50 de cylindre et +1,25 d’addition. Essai en lentilles multifocales toriques mensuelles. Après 3 semaines, la vision de loin est nette, la lecture d’un livre possible, mais l’écran demande parfois un effort. Solution : utilisation des lentilles pour les sorties, lunettes progressives pour le travail intense sur écran.
Hygiène et entretien
Règles standard :
- Lavage des mains.
- Produit d’entretien dédié.
- Étui renouvelé tous les 3 mois.
- Pas d’eau du robinet, pas de piscine avec lentilles.
- Bilan annuel chez l’ophtalmologue.
Remboursement
Remboursement Ameli partiel et sous conditions (astigmatisme irrégulier, kératocône, différence importante de correction, etc.). La complémentaire complète selon le contrat. Consulter Ameli.fr pour les règles à jour.
FAQ
Puis-je abandonner mes lunettes progressives avec ces lentilles ?
En grande partie, mais une paire d’appoint pour la lecture intense ou la conduite de nuit reste souvent utile.
L’adaptation est-elle toujours réussie ?
Environ 70-80 % des porteurs trouvent un confort satisfaisant après plusieurs ajustements.
Combien de temps compter pour l’adaptation ?
2 à 6 semaines en général, parfois plus.
Existe-t-il des journalières multifocales toriques ?
Oui, mais la gamme est plus restreinte que pour les mensuelles.
Ce qu’il faut retenir
- Multifocales toriques = astigmatisme + presbytie en une lentille.
- Vision simultanée : le cerveau sélectionne l’image nette.
- Adaptation 2 à 6 semaines, taux de réussite 70-80 %.
- Halos nocturnes possibles, vision intermédiaire parfois en retrait.
- Alternatives : monovision, lunettes progressives.
- Suivi ophtalmologique régulier indispensable.
Ressources officielles
- Ameli.fr — Lentilles et remboursement
- SFO — Contactologie et presbytie
- ANSM — Dispositifs optiques
- HAS — Presbytie
Pour aller plus loin : Lentilles pour myope, astigmate et presbyte, Lentilles multifocales pour myopie et presbytie, Presbytie et astigmatisme : solutions de correction.
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