En résumé : en France, le prix d’une opération de la myopie au laser se situe en ordre de grandeur entre 1 500 et 3 500 € pour les deux yeux, selon la technique, la plateforme utilisée, l’expérience du chirurgien et la région. La chirurgie réfractive n’est pas remboursée par la Sécurité sociale. Certaines complémentaires santé proposent un forfait partiel.
Amandine, 36 ans, a reçu trois devis allant de 1 800 € à 3 200 € pour une femto-LASIK des deux yeux. Gabriel, 44 ans, a choisi un SMILE à 3 400 €. Les écarts sont réels. Ce guide donne des ordres de grandeur à titre indicatif, sans recommandation de centre ni d’enseigne, et détaille ce que couvre vraiment le prix.
Pourquoi un prix aussi variable ?
Plusieurs variables expliquent la fourchette :
- Technique : PKR, LASIK, femto-LASIK, SMILE
- Plateforme laser utilisée (marque et génération)
- Expérience du chirurgien
- Région (Paris / province, tension de l’offre)
- Inclusions dans le forfait (bilan, retouches, suivi)
- Structure (clinique privée, centre ophtalmologique, plateau hospitalier privé)
La chirurgie réfractive n’étant pas conventionnée par la Sécurité sociale, les honoraires sont libres.
Ordres de grandeur par technique
Fourchettes indicatives pour les deux yeux :
- PKR : 1 500 à 2 800 €
- LASIK (rare aujourd’hui, microkératome) : 1 700 à 2 500 €
- Femto-LASIK : 2 200 à 3 500 €
- SMILE : 2 800 à 3 800 €
- Implants phakes (hors laser, forte myopie) : 4 000 à 6 500 €
Ces montants varient. Un bilan tarifé 150 à 300 € (parfois inclus, parfois déduit en cas d’intervention) s’y ajoute souvent.
Ce que couvre généralement le prix
Le forfait chirurgical inclut en principe :
- Bilan préopératoire (topographie, pachymétrie, aberrométrie)
- Consultations pré et postopératoires
- Intervention elle-même (salle, laser, anesthésie locale)
- Honoraires du chirurgien
- Suivi à J+1, J+7, M+1, M+3 (parfois plus long)
- Retouches éventuelles pendant une période (souvent 6 à 12 mois)
- Collyres postopératoires prescrits (certains inclus, d’autres à charge)
Attention : les centres ne présentent pas tous le même périmètre. Demander un devis détaillé est essentiel.
Ce qui peut être facturé en plus
Éléments parfois facturés à part :
- Retouches après 12 mois
- Consultations très éloignées postopératoires
- Second avis en cas de complication
- Correction d’un seul œil (souvent proche du prix des deux)
- Anesthésie complémentaire si terrain particulier
Le bilan préopératoire peut être facturé même si le patient ne poursuit pas vers la chirurgie. Ce point doit être précisé.
La Sécurité sociale : aucun remboursement ?
Exact. La chirurgie réfractive de la myopie n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie, car considérée comme une alternative de confort à une correction optique (lunettes / lentilles) qui corrige le problème. Cette position est documentée sur ameli.fr et n’a pas évolué.
Exception : la cataracte avec implant réfractif est partiellement prise en charge (acte chirurgical), mais la surcorrection réfractive restante est à charge. Cette situation ne concerne pas la chirurgie réfractive pure.
Quel rôle pour la mutuelle ?
Certaines complémentaires santé proposent un forfait :
- Forfaits courants : 200 à 800 € par œil
- Forfaits haut de gamme : jusqu’à 1 500 € par œil
- Contrats individuels ou entreprise plus souvent dotés
- Délais de carence fréquents (6 à 24 mois après souscription)
Il faut vérifier :
- Le plafond par œil et par an
- Les techniques couvertes (certains contrats ne prennent que le LASIK)
- La facture nécessaire (avec mention opératoire)
- Le délai de déclaration
Farida, 51 ans, a récupéré 600 € sur 2 900 € grâce à son forfait mutuelle entreprise. Valentin, sans couverture spécifique, a payé intégralement sa PKR.
Et les financements par étalement ?
Plusieurs centres proposent un paiement en plusieurs fois (3 à 12 mensualités), sans intérêt ou avec intérêt selon les structures. Certaines structures passent par un crédit à la consommation classique (avec TAEG à vérifier).
Points de vigilance :
- Coût total du crédit (TAEG)
- Frais de dossier
- Assurance emprunteur éventuelle
- Pénalités de remboursement anticipé
Un étalement sans frais réels est un outil utile ; un crédit avec TAEG élevé n’est pas un financement neutre.
Comment comparer les devis ?
Grille de comparaison objective :
- Technique proposée (et pourquoi)
- Plateforme laser (marque, génération)
- Prix total pour les deux yeux
- Bilan inclus ou facturé séparément
- Nombre de consultations postopératoires incluses
- Durée de prise en charge des retouches
- Collyres postopératoires inclus ou non
- Second avis possible en cas de doute
Demander le devis écrit est un droit. Prendre un second avis est légitime, surtout si le premier devis dépasse la fourchette moyenne sans justification claire.
Faut-il choisir le moins cher ?
Non, ni le moins cher ni le plus cher. Les critères pertinents :
- Expérience du chirurgien (nombre d’interventions, formation)
- Plateforme laser récente et bien entretenue
- Bilan préopératoire rigoureux
- Suivi postopératoire structuré
- Transparence sur les taux de complications
Un prix bas qui exclut le bilan, n’inclut pas les retouches et se situe en dessous de la fourchette médiane invite à la prudence. Un prix très élevé ne garantit pas mécaniquement une meilleure qualité non plus.
Et dans les DOM ou à l’étranger ?
Des offres existent à l’étranger (Espagne, Portugal, Tunisie, Turquie) avec des tarifs de 30 à 60 % inférieurs. Points de vigilance :
- Qualification du chirurgien vérifiable
- Plateforme laser équivalente
- Suivi postopératoire en France (difficulté en cas de complication)
- Recours juridique compliqué hors UE
- Transport aérien post-opératoire à planifier
Le coût global (voyage, hébergement, arrêt de travail) peut réduire l’écart. Des complications à distance peuvent coûter plus cher à long terme.
FAQ
Peut-on déduire l’opération des impôts ?
Non en règle générale. Seuls les frais non remboursés spécifiques (ALD, prothèses inscrites) peuvent entrer dans certains dispositifs. La chirurgie réfractive de confort n’y entre pas.
Le CPF ou le compte santé peuvent-ils financer ?
Non, ni le CPF (formation professionnelle) ni un compte santé type PASS ne financent la chirurgie réfractive en France.
Un même chirurgien peut-il avoir deux tarifs ?
Rarement au sein d’un même centre, sauf plateformes laser différentes proposées.
Le prix inclut-il le transport ?
Non. Prévoir un accompagnant pour le retour le jour de l’intervention.
Un devis a-t-il une durée de validité ?
Oui, généralement 3 à 6 mois. Au-delà, les tarifs peuvent évoluer.
Ce qu’il faut retenir
- Fourchette 1 500 à 3 500 € pour les deux yeux selon technique
- PKR la moins coûteuse, SMILE la plus élevée en moyenne
- Aucun remboursement Sécurité sociale
- Forfait mutuelle possible selon contrat
- Comparer les devis sur un périmètre équivalent (bilan, suivi, retouches inclus)
Pour aller plus loin
- Coût d’une opération de la myopie : remboursement et mutuelle
- Prix d’une opération des yeux au laser : repères France
- Chirurgie réfractive : qui est candidat, qui ne l’est pas ?
Ressources officielles : Assurance Maladie (ameli.fr) pour le cadre de non-prise en charge, HAS (has-sante.fr) pour les évaluations techniques, Société Française d’Ophtalmologie (sfo.asso.fr) pour les recommandations, DGCCRF pour la transparence tarifaire.
Pour aller plus loin :
