En résumé — En France, l’orthoptiste peut réaliser le dépistage de la rétinopathie diabétique dans le cadre d’un protocole de coopération validé, par rétinophotographie non mydriatique. Les images sont interprétées à distance par un ophtalmologue (télémédecine). Ce dispositif, encouragé par la HAS et l’Assurance Maladie, étend l’accès au dépistage annuel et désengorge les cabinets d’ophtalmologie. Il ne remplace pas la consultation ophtalmologique en cas d’anomalie détectée.

Pourquoi un dépistage par l’orthoptiste ?

La rétinopathie diabétique est la première cause de cécité évitable avant 60 ans. Pour être efficace, son dépistage doit être :

  • Systématique : tout diabétique, chaque année.
  • Accessible : sans délai d’attente excessif.
  • Rigoureux : interprétation par un spécialiste.

En pratique, les délais d’accès à un ophtalmologue peuvent freiner ce dépistage. D’où la mise en place, depuis plusieurs années, de protocoles de coopération permettant à l’orthoptiste de pratiquer l’examen de dépistage, sous la responsabilité d’un ophtalmologue référent.

Le cadre réglementaire

Les protocoles de coopération

Le dépistage par l’orthoptiste s’inscrit dans les protocoles de coopération entre professionnels de santé prévus par la loi HPST puis la loi Ma Santé 2022. Ils sont validés par la HAS.

Le protocole le plus courant en rétinopathie diabétique prévoit :
– Réalisation des clichés par l’orthoptiste
– Transmission sécurisée à un ophtalmologue
– Lecture et compte-rendu dans un délai défini
– Orientation du patient si une anomalie est détectée

Les acteurs

  • L’orthoptiste formé : compétent pour la réalisation technique.
  • L’ophtalmologue lecteur : seul habilité à poser un diagnostic.
  • Le médecin traitant ou diabétologue : prescripteur du dépistage et coordinateur du parcours.

Comment se déroule un dépistage par rétinophotographie ?

L’examen dure généralement 15 à 20 minutes.

  1. Accueil et vérification : antécédents diabétiques, traitements, dernier fond d’œil éventuel.
  2. Mesure de l’acuité visuelle (selon protocole).
  3. Photographies du fond d’œil : plusieurs clichés par œil, réalisés avec un rétinographe non mydriatique (sans dilatation dans la plupart des cas).
  4. Transmission sécurisée des images à l’ophtalmologue.
  5. Interprétation et compte-rendu, généralement dans les jours qui suivent.
  6. Retour au patient et au médecin prescripteur avec orientation éventuelle.

Loretta, 55 ans, diabétique de type 2 équilibrée, a réalisé son dépistage annuel chez une orthoptiste en ville. Pas de dilatation, pas de déplacement chez un ophtalmologue : compte-rendu reçu trois jours plus tard, fond d’œil normal. Un rendez-vous ophtalmologique n’a pas été nécessaire cette année-là.

Ce que l’orthoptiste peut et ne peut pas faire

Ce qui relève de l’orthoptiste

  • Réalisation de la rétinophotographie
  • Mesure de l’acuité visuelle
  • Questionnaire médical standardisé
  • Transmission technique des résultats

Ce qui reste du ressort de l’ophtalmologue

  • Interprétation des images
  • Pose du diagnostic
  • Prescription d’examens complémentaires (OCT, angiographie)
  • Indication et réalisation des traitements (laser, injections)
  • Chirurgie

Cette séparation des rôles est stricte : l’orthoptiste n’est pas habilité à poser un diagnostic de rétinopathie.

Où trouver un orthoptiste qui pratique ce dépistage ?

Plusieurs dispositifs coexistent en France :

  • Cabinets d’orthoptie libéraux conventionnés avec un ou plusieurs ophtalmologues lecteurs.
  • Centres de santé et maisons de santé pluriprofessionnelles.
  • Centres hospitaliers et services de diabétologie, parfois équipés de rétinographes dédiés.
  • Bus de dépistage itinérants déployés par certaines ARS ou associations.

Le médecin traitant ou diabétologue peut orienter vers la structure la plus accessible.

Que se passe-t-il en cas d’anomalie ?

Si l’ophtalmologue lecteur détecte une anomalie :

  • Il adresse au patient et au médecin prescripteur un courrier d’orientation.
  • Une consultation ophtalmologique est programmée, avec un délai adapté à la sévérité supposée.
  • Des examens complémentaires peuvent être prescrits (OCT, angiographie).

La rétinophotographie ne dispense pas de la consultation ophtalmologique : elle la rend plus ciblée et plus rapide quand elle est nécessaire.

Avantages et limites du dépistage par l’orthoptiste

Avantages

  • Accès facilité au dépistage annuel
  • Délais souvent plus courts qu’en consultation ophtalmologique
  • Pas de dilatation systématique (confort du patient)
  • Intégration possible dans un parcours de soins coordonné
  • Prise en charge par l’Assurance Maladie

Limites

  • Ne remplace pas un examen ophtalmologique en cas de symptôme
  • Certaines anomalies périphériques peuvent échapper à la photographie centrée
  • Ne permet pas de diagnostiquer toutes les pathologies oculaires (glaucome, cataracte) : cela reste du ressort de l’ophtalmologue
  • Nécessite un parcours organisé avec ophtalmologue lecteur identifié

FAQ

Le dépistage par l’orthoptiste est-il remboursé ?

Oui, dans le cadre d’un protocole de coopération conventionné. Le patient diabétique étant souvent en ALD 8, la prise en charge est généralement à 100 %. Détails sur Ameli.fr.

Faut-il une ordonnance pour le dépistage ?

Elle est recommandée, notamment dans les protocoles ville-hôpital. Le médecin traitant ou le diabétologue prescrit l’examen.

Puis-je conduire après l’examen ?

Dans la majorité des cas oui, car la dilatation n’est pas nécessaire. Si elle l’est, la conduite est déconseillée pendant quelques heures.

Ce dépistage remplace-t-il la consultation ophtalmologique annuelle ?

Il remplace le dépistage annuel du diabète. Il ne remplace pas une consultation en cas d’autres motifs (baisse de vue, autres pathologies) ou si une anomalie est détectée.

Tous les orthoptistes réalisent-ils ce dépistage ?

Non. Seuls ceux formés et intégrés à un protocole de coopération validé peuvent le pratiquer.

Ce qu’il faut retenir

  • Le dépistage de la rétinopathie diabétique peut être réalisé par un orthoptiste formé, dans un cadre réglementé.
  • L’ophtalmologue interprète les images à distance via la télémédecine.
  • L’examen est rapide, souvent sans dilatation, pris en charge par l’Assurance Maladie.
  • Il ne dispense pas d’une consultation ophtalmologique en cas d’anomalie ou de symptôme.
  • Ce dispositif améliore l’accès au dépistage annuel recommandé par la HAS.

Ressources officielles

  • HAS (has-sante.fr) : protocoles de coopération dépistage rétinopathie diabétique
  • Ameli.fr : parcours de soins du diabétique
  • Société Française d’Ophtalmologie (sfo.asso.fr)
  • Syndicat national autonome des orthoptistes (SNAO)
  • Fédération Française des Diabétiques

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Pour aller plus loin :

Expert en problèmes de vue et fatigues des yeux.

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