En résumé : Tous les collyres ne se valent pas. Pour une conjonctivite, on utilise selon la cause : lavages au sérum physiologique, antiseptiques doux, antibiotiques locaux (sur prescription) ou antihistaminiques. Les corticoïdes locaux ne doivent jamais être utilisés en automédication. Respect des durées, hygiène et avis médical évitent les complications.
Qu’est-ce qu’un collyre ?
Un collyre est un médicament ou un produit d’hygiène liquide destiné à être instillé dans l’œil. Il peut contenir :
- Un actif pharmacologique (antibiotique, antihistaminique, corticoïde…) ;
- Un lubrifiant (larmes artificielles) ;
- Un antiseptique ;
- Un simple soluté de lavage (sérum physiologique).
L’ANSM encadre leur prescription et les règles d’utilisation.
Quels collyres pour une conjonctivite virale ?
- Sérum physiologique : nettoyage et confort, sans limite d’âge ;
- Collyres antiseptiques doux : usage court ;
- Larmes artificielles : apaisantes, sans conservateur de préférence ;
- Pas d’antibiotique : inutile sur un virus, et contributif de l’antibiorésistance.
Quels collyres pour une conjonctivite bactérienne ?
- Antibiotique local : prescription médicale, molécule et durée selon HAS/ANSM ;
- Lavages avant instillation ;
- Pommade parfois préférée le soir pour son temps de contact.
Noé, 12 ans, a une conjonctivite purulente : son médecin prescrit un antibiotique local pour quelques jours, en complément des lavages.
Quels collyres pour une conjonctivite allergique ?
- Antihistaminiques locaux (prescription) ;
- Stabilisants du mastocyte en prévention saisonnière ;
- Collyres combinés antihistaminique + stabilisant ;
- Larmes artificielles pour diluer les allergènes.
Quand utiliser des larmes artificielles ?
- Sécheresse associée ;
- Inconfort ;
- Dilution d’allergènes ;
- Apaisement en période d’écrans prolongés.
Préférer des formes unidoses sans conservateur chez les porteurs de lentilles ou en usage prolongé (plus de 4 fois par jour).
Comment instiller correctement un collyre ?
- Se laver les mains ;
- Incliner la tête en arrière ;
- Tirer doucement la paupière inférieure ;
- Regarder vers le haut ;
- Instiller une goutte sans toucher l’œil ni les cils ;
- Fermer l’œil doucement 1 à 2 minutes ;
- Essuyer l’excédent avec une compresse propre ;
- Attendre 5 minutes entre deux collyres différents.
Fatima, 61 ans, instille sa goutte debout devant le miroir : elle manque souvent sa cible. Allongée, les yeux fermés puis doucement ouverts, elle y arrive mieux.
Quelles précautions en cas de lentilles ?
- Retirer les lentilles avant instillation ;
- Attendre environ 15 minutes avant de les remettre si autorisé ;
- Certains collyres interdisent le port de lentilles pendant le traitement ;
- Privilégier les formes sans conservateur.
Quels collyres peut-on acheter sans ordonnance ?
Selon l’ANSM, seuls certains produits sont en vente libre :
- Sérum physiologique ;
- Certains produits de lavage oculaire ;
- Certains antiseptiques doux ;
- Certaines larmes artificielles.
Les antibiotiques, corticoïdes et antihistaminiques locaux nécessitent une prescription.
Quels sont les risques d’un mauvais usage ?
- Corticoïdes sur une infection herpétique : aggravation grave ;
- Antibiotiques mal choisis : inefficacité, résistance ;
- Conservateurs à forte dose : toxicité de surface ;
- Collyre périmé ou ouvert depuis trop longtemps : contamination ;
- Partage du flacon : contagion.
Combien de temps utiliser un flacon ouvert ?
Selon les notices ANSM :
- Multidose avec conservateur : en général 15 à 28 jours après ouverture ;
- Unidose sans conservateur : usage immédiat, jeter dans la journée.
Respecter cette durée est essentiel.
FAQ
Peut-on réutiliser un collyre de l’an dernier ?
Non, un flacon ouvert depuis plusieurs mois est à jeter.
Un collyre pique-t-il normalement ?
Une petite gêne transitoire est possible. Une douleur importante ou persistante impose d’arrêter et de consulter.
Combien de gouttes par instillation ?
Une goutte suffit. L’œil ne peut pas en retenir davantage.
Doit-on traiter les deux yeux même si un seul est atteint ?
Souvent oui (contagion interne fréquente), selon avis médical.
Les collyres homéopathiques sont-ils indiqués ?
Pas de données solides ; préférer les traitements validés.
Signes d’alerte à ne jamais ignorer
- Douleur croissante sous collyre
- Vision floue apparue ou aggravée
- Réaction allergique au produit
- Absence d’amélioration à J3-J5
- Œdème palpébral majeur
Ce qu’il faut retenir
- Sérum physiologique et larmes artificielles en base.
- Antibiotiques et antihistaminiques locaux sur prescription.
- Corticoïdes : jamais en automédication.
- Respecter les règles d’instillation et de conservation.
- Consulter si signe d’alerte ou absence d’amélioration.
Lire la notice : ce qu’il faut vérifier
Chaque collyre a ses indications, contre-indications et précautions. Avant usage :
- Nom exact : vérifier qu’il correspond à la prescription ;
- Date de péremption et date d’ouverture (à noter sur le flacon) ;
- Voie d’administration (ophtalmique, pas auriculaire ou nasale) ;
- Posologie : nombre de gouttes, fréquence, durée ;
- Contre-indications : grossesse, allaitement, allergie à un excipient ;
- Interactions : autres collyres, médicaments systémiques ;
- Conservation : à température ambiante ou au réfrigérateur.
Effets indésirables à connaître
- Picotement bref à l’instillation : habituel ;
- Rougeur passagère : fréquente ;
- Goût amer dans la gorge après instillation : normal (passage via les voies lacrymales) ;
- Réaction allergique locale : rougeur persistante, œdème palpébral ;
- Effet systémique (bêta-bloquants, par exemple) : rares mais possibles.
En cas de doute, arrêter et consulter.
Les enfants et les collyres
- Privilégier les unidoses sans conservateur ;
- Technique d’instillation allongée, yeux fermés, goutte dans l’angle interne ;
- Respect strict des prescriptions pédiatriques ;
- Ne pas réutiliser un collyre adulte sans avis ;
- Préférer les pommades le soir chez le très jeune enfant.
Noé, 12 ans, instille ses gouttes lui-même, assis, en se regardant dans un miroir. Son père vérifie la technique chaque matin au début.
Les seniors et les collyres
- Flacons parfois difficiles à manipuler : des embouts aidants existent ;
- Réduction de la sensibilité lacrymale : attention à la sécheresse de surface ;
- Traitements multiples : éviter les interactions ;
- Demander à un aidant si besoin.
Chantal, 70 ans, utilise un guide-embout : sa goutte est toujours bien placée. Elle conserve ses flacons dans un pilulier du jour.
Que faire en cas d’oubli d’une prise ?
- Instiller dès que possible, sauf si l’heure de la prise suivante est proche ;
- Ne pas doubler la dose ;
- Reprendre le rythme habituel ensuite ;
- En cas d’oublis répétés, demander un schéma simplifié au médecin.
Ressources officielles
- ANSM — collyres
- HAS — œil rouge aigu
- Ameli.fr — conjonctivite
- SFO — sfo.asso.fr
- Vidal — base médicamenteuse
Collyres et voyages
- Vérifier que les collyres prescrits sont autorisés dans le pays de destination ;
- Les transporter dans le bagage cabine avec l’ordonnance ;
- Tenir compte des températures extrêmes (chaleur/froid) qui peuvent altérer le produit ;
- Prévoir suffisamment pour couvrir la durée du voyage plus une marge ;
- Identifier une pharmacie de secours à destination.
Fatima, 61 ans, en voyage 3 semaines, emporte toujours un flacon de rechange : ses conjonctivites saisonnières la surprennent parfois.
Que faire si un enfant a avalé un collyre ?
Contact immédiat avec un centre antipoison ou le 15. Ne pas faire vomir sans avis. Emporter le flacon lors de la consultation. La plupart des collyres à petite dose ingérée ont un retentissement limité, mais certains (bêta-bloquants, anticholinergiques) peuvent être plus sérieux chez un petit enfant.
Les collyres et la conduite
Certains collyres entraînent une dilatation pupillaire et une vision floue passagère (collyres mydriatiques lors d’un examen ophtalmo). D’autres, plus rarement, peuvent donner une somnolence légère. Après dilatation, la conduite est déconseillée pour quelques heures. Prévoir un accompagnant pour le retour.
Les collyres face aux interactions
Certaines associations nécessitent de la vigilance :
- Collyre bêta-bloquant et bêta-bloquant oral : surveillance cardiaque ;
- Collyre antiglaucomateux et bradycardie ;
- Collyre cicatrisant et lentilles simultanées ;
- Plusieurs collyres : espacer d’au moins 5 minutes.
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