En résumé : la DMLA humide se traite par injections intravitréennes d’anti-VEGF (Lucentis, Eylea, Beovu, Vabysmo). Ces injections, réalisées en ambulatoire, stabilisent la vision dans 90 % des cas et permettent même une amélioration dans 30 à 40 % des cas si le traitement est précoce.
Pourquoi la DMLA humide se traite-t-elle ?
La DMLA humide (ou exsudative) se caractérise par l’apparition de néovaisseaux anormaux sous la rétine. Ces vaisseaux fragiles laissent s’écouler du liquide et du sang, qui détruisent rapidement les photorécepteurs maculaires.
Sans traitement, la perte de vision centrale peut être très rapide — quelques semaines à quelques mois. Avec un traitement précoce, la situation se stabilise dans la grande majorité des cas.
C’est une urgence ophtalmologique relative : plus le traitement est rapide, meilleur est le pronostic visuel.
Justine, 39 ans, a alerté sa mère de 72 ans qui signalait une déformation des lignes de sa salle de bain. Consultation dans les 48 heures, diagnostic de DMLA humide, injection dans la semaine. Vision stabilisée depuis deux ans.
Le principe : bloquer le VEGF
Le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor) est une molécule qui stimule la formation de nouveaux vaisseaux. Dans la DMLA humide, il est produit en excès.
Les médicaments anti-VEGF bloquent ce signal et provoquent :
- régression des néovaisseaux
- résorption du liquide maculaire
- stabilisation, puis parfois amélioration de la vision
Les molécules disponibles en France :
- ranibizumab (Lucentis)
- aflibercept (Eylea)
- brolucizumab (Beovu)
- faricimab (Vabysmo)
- bevacizumab (Avastin, utilisé hors AMM en France selon les recommandations)
Toutes sont approuvées par l’ANSM et remboursées par l’Assurance Maladie.
Comment se déroule une injection intravitréenne ?
L’injection est réalisée :
- en ambulatoire (consultation dédiée)
- sous anesthésie topique (gouttes)
- après désinfection à la povidone iodée
- avec une aiguille très fine (de 30 à 33 G)
- en 2 à 3 minutes
Les étapes :
- Installation en position allongée
- Désinfection et mise en place d’un blépharostat (écarteur de paupière)
- Instillation d’anesthésique et de povidone iodée
- Injection dans la partie inférieure de l’œil, sans contact avec la cornée
- Contrôle immédiat
- Retour à domicile quelques minutes plus tard
Est-ce douloureux ?
Non. La grande majorité des patients décrivent :
- une sensation de pression brève
- un léger picotement
- aucune douleur significative
Quelques heures après, l’œil peut être sensible, rouge, ou présenter une tache rouge (hématome sous-conjonctival) sans gravité.
Le rythme des injections
Le traitement ne se résume pas à une injection unique. Les protocoles classiques :
Phase de charge
- 3 injections mensuelles consécutives pour contrôler la maladie active
Phase d’entretien
Plusieurs protocoles existent :
- PRN (Pro Re Nata) : injections à la demande selon l’OCT
- TREAT AND EXTEND : espacement progressif si la maladie reste stable
- Protocoles fixes : injections toutes les 8 à 16 semaines selon la molécule
Le nombre moyen d’injections est de 6 à 9 par an la première année, puis se stabilise.
Le suivi entre les injections
Le suivi inclut :
- contrôle visuel à chaque visite
- OCT maculaire : mesure l’œdème et l’activité de la maladie
- fond d’œil
- OCT-angiographie parfois
Les patients apprennent à utiliser l’auto-test d’Amsler à domicile pour détecter toute aggravation entre deux visites.
Quels résultats attendre ?
Les études et les données en vie réelle montrent :
- 90 % des patients voient leur maladie stabilisée
- 30 à 40 % des patients gagnent en acuité (+1 à +3 lignes)
- 10 % continuent à perdre malgré le traitement
Les facteurs de bon pronostic :
- traitement précoce (moins la vision est abîmée avant, meilleur est le résultat)
- observance (respect du rythme prescrit)
- absence d’atrophie maculaire associée
Raoul, 75 ans, traité depuis 4 ans, a stabilisé sa vision à 4/10 à l’œil droit. Sans traitement, cette vision aurait été perdue.
Les risques et effets secondaires
Les injections sont globalement bien tolérées, mais présentent quelques risques :
- hémorragie sous-conjonctivale (bénigne)
- endophtalmie (infection oculaire) : rare (moins de 1 pour 3000), urgence absolue
- décollement de rétine : très rare
- élévation de la pression intraoculaire transitoire
- uvéite inflammatoire : rare, souvent liée à certaines molécules
L’ANSM et la HAS encadrent strictement la pratique pour minimiser ces risques.
Signes à surveiller après l’injection
Consultez en urgence en cas de :
- douleur oculaire importante
- rougeur persistante ou augmentée après 48 h
- baisse brutale de la vision
- mouches volantes importantes
- photophobie intense
Ces signes peuvent évoquer une endophtalmie ou un décollement.
Qui fait les injections ?
En France, les injections intravitréennes sont réalisées par un ophtalmologue, en cabinet, clinique ou hôpital. Elles ne peuvent pas être déléguées à un autre professionnel.
Elles sont remboursées selon la nomenclature de l’Assurance Maladie. Ameli.fr précise les conditions de prise en charge.
Peut-on arrêter les injections ?
La DMLA humide est une maladie chronique. L’arrêt des injections s’accompagne souvent d’une récidive. Des stratégies d’espacement progressif existent (TREAT AND EXTEND), mais l’arrêt complet reste rare.
Certains patients stabilisés depuis plusieurs années voient leurs injections progressivement espacées (jusqu’à une par an), sans arrêt total.
Les nouveautés thérapeutiques
La recherche avance rapidement :
- molécules à plus longue durée d’action (Vabysmo, Beovu)
- implants intravitréens à libération prolongée (Port Delivery System)
- traitements géniques en cours d’essais cliniques
L’objectif : réduire le nombre d’injections tout en maintenant l’efficacité.
FAQ — Injections intravitréennes et DMLA humide
Les injections sont-elles obligatoires ?
Oui, c’est le seul traitement validé de la DMLA humide. L’absence de traitement entraîne une perte rapide de vision.
Combien coûtent-elles ?
Elles sont prises en charge par l’Assurance Maladie dans le cadre d’une affection longue durée (ALD) ou de la nomenclature. Ordres de grandeur sur Ameli.fr.
L’œil est-il tenu ouvert par une machine ?
Un blépharostat simple maintient la paupière ouverte pendant l’injection.
Puis-je conduire après l’injection ?
Non, pas immédiatement. La vision est floue après la dilatation pupillaire et l’anesthésie. Prévoyez un accompagnant.
Les injections peuvent-elles durer toute la vie ?
Elles peuvent s’étendre sur plusieurs années. Des espacements sont possibles selon la réponse.
Ce qu’il faut retenir
- La DMLA humide est traitable par injections intravitréennes d’anti-VEGF.
- Le traitement commence par 3 injections mensuelles, puis s’espace selon la réponse.
- Il stabilise la vision dans 90 % des cas, l’améliore dans 30 à 40 %.
- Les risques sont rares mais réels : endophtalmie, décollement, hémorragie.
- Plus le traitement est précoce, meilleur est le pronostic.
Ressources officielles et maillage
- SFO : recommandations DMLA
- HAS : parcours de soins DMLA
- INSERM : dossier DMLA
- ANSM : sécurité des anti-VEGF
- Ameli.fr : prise en charge injections
- Association DMLA
- Retina France
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