En résumé — Le fond d’œil en lui-même est un examen non invasif et indolore. Les principaux effets secondaires viennent des collyres mydriatiques (dilatation pupillaire) : vision floue de près et photosensibilité pendant 3 à 6 heures, rarement maux de tête, picotements, plus exceptionnellement crise aiguë chez les sujets prédisposés au glaucome à angle fermé. Les accidents sérieux sont rares. Pour la grande majorité des patients, l’examen est sûr.

Le fond d’œil présente-t-il un risque direct ?

Non. L’examen consiste à éclairer la rétine à travers la pupille et à l’observer, directement ou via une lentille. Il n’y a aucun contact avec l’œil dans la plupart des techniques. La lumière utilisée est calibrée pour ne pas endommager la rétine dans les conditions habituelles.

La seule situation où l’ophtalmologue touche l’œil est la tonométrie à aplanation (mesure de pression oculaire), associée parfois mais distincte du fond d’œil.

Le vrai sujet de sécurité concerne les collyres utilisés pour dilater la pupille.

Quels sont les effets secondaires des collyres mydriatiques ?

Les collyres utilisés pour la dilatation sont principalement :

  • Tropicamide (parasympatholytique) : action rapide, durée 3 à 6 heures.
  • Phényléphrine (sympathomimétique) : renforce la dilatation.
  • Cyclopentolate : dilatation plus prolongée, surtout chez l’enfant.

Effets secondaires courants :

  • Vision floue de près et photosensibilité pendant 3 à 6 heures.
  • Picotement ou brûlure à l’instillation.
  • Yeux qui larmoient.
  • Pupilles dilatées asymétriques en cas d’instillation d’un seul côté.

Effets plus rares :

  • Maux de tête, palpitations (surtout avec la phényléphrine).
  • Poussée de tension artérielle chez les sujets cardiaques.
  • Crise aiguë de glaucome à angle fermé chez les sujets prédisposés (rare mais à connaître).
  • Réactions allergiques locales.

L’ANSM rappelle l’importance du respect des posologies et des précautions d’emploi des collyres.

Qui est à risque de crise de glaucome aigu ?

Le glaucome aigu par fermeture de l’angle survient quand l’iris se colle au cristallin et bloque l’écoulement de l’humeur aqueuse. La dilatation peut précipiter ce mécanisme chez les sujets prédisposés :

  • angles iridocornéens étroits (souvent détectables à la lampe à fente),
  • hypermétropes forts,
  • sujets âgés (cristallin plus volumineux),
  • certaines ethnies (Asie de l’Est notamment),
  • antécédent familial de glaucome aigu.

Chez ces patients, l’ophtalmologue choisit le protocole : collyre plus doux, absence de dilatation, examen avec un rétinographe non mydriatique, ou surveillance étroite après instillation.

En cas de douleur intense à un œil avec baisse de vision, rougeur, halos colorés autour des lumières et nausées dans les heures suivant un fond d’œil dilaté, il faut consulter en urgence ophtalmologique : un traitement rapide permet de rétablir l’écoulement et d’éviter les séquelles.

Peut-on conduire après le fond d’œil ?

Non si la pupille a été dilatée. Pendant 3 à 6 heures :

  • la vision de près est floue,
  • la lumière est agressive,
  • la profondeur de champ peut être altérée,
  • certains reflexes visuels sont ralentis.

La conduite est déconseillée pendant cette durée. Mieux vaut prévoir :

  • un accompagnant pour le retour,
  • les transports en commun,
  • ou un délai d’attente avant de reprendre le volant.

Au travail, les tâches précises (écran, lecture, précision) peuvent être difficiles. Prévoir éventuellement un rendez-vous en fin de journée.

Est-ce douloureux ?

Non. Le fond d’œil en lui-même est indolore. Les collyres peuvent piquer à l’instillation mais ce n’est pas douloureux. Certains patients trouvent la lumière de la lampe à fente désagréable : il suffit de cligner ou de prévenir l’ophtalmologue.

L’ophtalmoscopie indirecte (casque lumineux) éblouit davantage mais reste tolérable chez la majorité des patients.

Le fond d’œil est-il dangereux pendant la grossesse ?

Non. Le fond d’œil est sûr pendant la grossesse. La question concerne uniquement les collyres mydriatiques. Les données d’usage, rassurantes, sont complétées par le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes). En pratique :

  • Les collyres mydriatiques peuvent être utilisés pour un examen nécessaire, avec précaution (compression du point lacrymal après instillation pour réduire le passage systémique).
  • La phényléphrine est parfois évitée si possible.

Priscille, 29 ans, enceinte et myope forte, peut bénéficier d’un fond d’œil dilaté sous surveillance. Le bénéfice (dépistage de déchirure rétinienne) dépasse le risque très faible des collyres.

Et chez l’enfant ?

Le fond d’œil est sûr chez l’enfant, y compris le prématuré. Les collyres utilisés sont adaptés à l’âge, souvent le cyclopentolate à faible concentration. Effets secondaires possibles : bouffée de chaleur, somnolence, baisse passagère de la concentration.

La dilatation peut durer plus longtemps chez l’enfant (12 à 24 heures). Prévoir activités calmes, lumière tamisée, et surveillance.

Quand signaler un effet indésirable ?

Après un fond d’œil, contacter l’ophtalmologue ou le 15 en cas de :

  • douleur oculaire intense persistante au-delà de quelques heures,
  • baisse de vision brutale qui ne récupère pas,
  • vomissements avec mal de tête,
  • palpitations ou malaise important,
  • réaction allergique (œdème du visage, gêne respiratoire).

Ces situations restent exceptionnelles mais justifient une consultation d’urgence.

Qui prescrit et qui pratique ?

Le fond d’œil est pratiqué par l’ophtalmologue. L’orthoptiste peut réaliser des rétinophotographies non mydriatiques dans le cadre d’un protocole de coopération. Le diagnostic reste de la responsabilité du médecin.

Le choix de dilater ou non est médical, adapté à chaque patient.

Contre-indications

Aucune contre-indication absolue au fond d’œil. Les situations à discuter :

  • antécédent de glaucome à angle fermé,
  • allergie à un collyre mydriatique,
  • cardiopathie sévère pour la phényléphrine,
  • enfant très jeune (protocole adapté).

Dans tous ces cas, un examen sans dilatation ou avec un collyre adapté est envisageable.

Quel remboursement ?

Le fond d’œil est pris en charge par l’Assurance Maladie dans le parcours de soins. En cas d’ALD (diabète, HTA compliquée), le ticket modérateur est pris en charge à 100 %. Les détails sont publiés sur Ameli.

FAQ

La lumière de l’appareil peut-elle brûler la rétine ?
Non dans les conditions d’utilisation normale. Les appareils sont calibrés pour respecter les normes de sécurité lumineuse.

Peut-on le faire plusieurs fois par an ?
Oui, aucun risque cumulatif connu.

Les collyres provoquent-ils une dépendance ?
Non.

Mes yeux vont-ils être rouges ?
Parfois un léger rougissement passager. Rarement significatif.

Peut-on faire du sport après ?
Oui, mais attention aux sports nécessitant une bonne vision de près ou en extérieur très ensoleillé.

Ce qu’il faut retenir

  • Le fond d’œil est un examen sûr pour la grande majorité des patients.
  • Les principaux effets viennent des collyres mydriatiques (vision floue, photosensibilité pendant 3 à 6 heures).
  • Ne pas conduire après dilatation ; prévoir un accompagnant.
  • Précautions chez le sujet à angle étroit, le cardiaque, l’enfant, la femme enceinte.
  • Consulter en urgence en cas de douleur intense et baisse de vision après l’examen.

Pour aller plus loin


Pour aller plus loin :

Expert en problèmes de vue et fatigues des yeux.

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