En résumé : Lucentis (ranibizumab) est un anti-VEGF utilisé par injection intravitréenne dans la DMLA humide. Le protocole classique comprend 3 injections mensuelles initiales, puis des injections à la demande selon l’OCT. Remboursé par l’Assurance Maladie, il reste l’un des traitements de référence.
Qu’est-ce que Lucentis ?
Lucentis est le nom commercial du ranibizumab, un anti-VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor). Il appartient à la famille des anticorps monoclonaux. Commercialisé en France depuis 2007, il a révolutionné la prise en charge de la DMLA humide.
Lucentis bloque l’action du VEGF, molécule qui stimule la croissance des néovaisseaux anormaux responsables de la DMLA humide. Il :
- inhibe la formation des néovaisseaux choroïdiens
- réduit les fuites vasculaires
- fait régresser l’œdème maculaire
Il est autorisé par l’ANSM et remboursé par l’Assurance Maladie dans la DMLA humide, mais aussi dans d’autres pathologies rétiniennes (œdème maculaire diabétique, occlusions veineuses, rétinopathie du prématuré, néovaisseaux liés à la myopie forte).
Les indications dans la DMLA
Lucentis est indiqué dans la DMLA humide (ou exsudative, ou néovasculaire). Les critères :
- présence confirmée de néovaisseaux choroïdiens à l’OCT et/ou à l’angiographie
- baisse d’acuité visuelle récente
- œdème maculaire, hémorragies ou décollement séreux
Il n’est pas indiqué dans la DMLA sèche : l’absence de néovaisseaux rend le traitement inefficace.
Raoul, 75 ans, a été traité par Lucentis après un diagnostic de DMLA humide. Après 3 injections mensuelles, son œdème maculaire a régressé et sa vision s’est stabilisée.
Comment se déroule une injection de Lucentis ?
L’injection est réalisée par un ophtalmologue, en cabinet ou en clinique :
- Installation en position allongée ou inclinée
- Désinfection par povidone iodée
- Anesthésie topique (collyre anesthésiant)
- Mise en place d’un écarteur de paupière
- Injection dans la partie inférieure et latérale de l’œil
- Contrôle post-injection
Durée totale : 5 à 10 minutes. L’acte en lui-même dure 2 à 3 minutes.
Le protocole d’injection
Le protocole standard de Lucentis :
Phase d’induction
- 3 injections à 1 mois d’intervalle
- Objectif : contrôler la maladie active et résorber l’œdème
Phase de maintenance
Plusieurs schémas possibles :
- PRN (Pro Re Nata) : injection à la demande, selon l’OCT et l’acuité, en moyenne 6 à 9 injections par an
- TREAT AND EXTEND : espacement progressif des injections si la maladie reste stable (4 à 6 semaines puis jusqu’à 12-16 semaines)
- Rythme fixe : souvent toutes les 4 à 8 semaines au début
Le choix dépend du patient et des habitudes du centre.
La posologie
La dose recommandée est de 0,5 mg (0,05 mL de solution à 10 mg/mL) par injection. Cette dose est validée par l’AMM européenne.
Chaque flacon ne sert qu’à une seule injection pour un seul œil. L’éventuelle injection bilatérale est réalisée le même jour avec deux flacons distincts.
Le suivi sous Lucentis
Après chaque injection, un suivi rigoureux :
- contrôle OCT à 4 à 6 semaines
- mesure de l’acuité visuelle
- évaluation de la nécessité d’une nouvelle injection
- surveillance des effets secondaires
Le patient est invité à surveiller sa vision à domicile avec la grille d’Amsler.
Les effets secondaires possibles
Lucentis est globalement bien toléré. Les effets indésirables rapportés :
Effets locaux
- hémorragie sous-conjonctivale (bénigne)
- douleur ou gêne transitoire
- rougeur
- mouches volantes
- élévation transitoire de la pression intraoculaire
Effets rares mais sérieux
- endophtalmie (infection) : rare, urgence absolue
- décollement de rétine
- déchirure rétinienne
- uvéite
- cataracte traumatique
Effets systémiques
Potentiellement :
- événements thromboemboliques (AVC, infarctus) : rares, surtout chez patients avec facteurs de risque cardiovasculaires
- réactions d’hypersensibilité
L’ANSM assure une surveillance continue de ces effets.
Signes à surveiller après l’injection
Consultez en urgence en cas de :
- douleur oculaire intense
- rougeur persistante ou aggravée
- baisse brutale de la vision
- photophobie importante
- apparition d’un voile sombre ou de nombreuses mouches volantes
Ces signes peuvent évoquer une endophtalmie ou une complication rétinienne.
Lucentis et les autres anti-VEGF
Lucentis n’est pas le seul anti-VEGF disponible :
- Eylea (aflibercept) : parfois plus long entre injections
- Beovu (brolucizumab) : efficacité similaire, effets secondaires inflammatoires à surveiller
- Vabysmo (faricimab) : molécule récente avec espacement possible jusqu’à 16 semaines
- Avastin (bevacizumab) : utilisé hors AMM en France, moins cher, efficacité comparable selon certaines études
Le choix dépend de l’indication, des contre-indications, du contexte économique et de la préférence de l’équipe.
Coût et remboursement
Lucentis est pris en charge par l’Assurance Maladie dans le cadre de la nomenclature. Le patient n’a généralement rien à avancer (tiers payant + remboursement ALD).
Pour connaître précisément votre situation, consultez Ameli.fr ou votre mutuelle.
Durée du traitement
La DMLA humide est chronique. Le traitement par Lucentis peut durer plusieurs années, avec des espacements progressifs. L’arrêt complet expose à une récidive.
Certains patients restent stables sous injections espacées (une tous les 3 à 4 mois). D’autres nécessitent des injections plus rapprochées.
Justine, 39 ans, a suivi sa tante à travers 5 années d’injections. Les trois premières années, une injection mensuelle ; depuis deux ans, une tous les trois mois. La vision est stable à 6/10.
Contre-indications et précautions
Lucentis est contre-indiqué en cas de :
- infection oculaire ou périoculaire active
- hypersensibilité connue au ranibizumab
- inflammation oculaire active sévère
Précautions chez :
- les femmes enceintes ou allaitantes
- les patients avec antécédents thromboemboliques
- les patients avec glaucome non contrôlé
FAQ — Lucentis et DMLA
Lucentis guérit-il la DMLA ?
Non. Il stabilise la maladie et peut améliorer la vision, mais ne guérit pas.
L’injection est-elle douloureuse ?
Non, grâce à l’anesthésie. Une sensation de pression est possible.
Peut-on conduire après ?
Non, pas immédiatement. Prévoyez un accompagnant.
Lucentis remplace-t-il définitivement les gouttes ou cachets ?
Il n’y a pas de cachets ou gouttes équivalents pour traiter la DMLA humide. Les injections sont le seul traitement validé.
Y a-t-il des alternatives ?
Oui : Eylea, Beovu, Vabysmo sont des anti-VEGF similaires. Le choix se discute avec l’ophtalmologue.
Ce qu’il faut retenir
- Lucentis (ranibizumab) traite la DMLA humide par injection intravitréenne.
- Protocole : 3 injections mensuelles, puis rythme adapté.
- Effets secondaires rares mais possibles (endophtalmie, inflammation).
- Pris en charge par l’Assurance Maladie.
- Le traitement s’étend sur plusieurs années.
Ressources officielles et maillage
- ANSM : fiche Lucentis
- SFO : recommandations DMLA humide
- HAS : parcours de soins DMLA
- Ameli.fr : remboursement injections
- Association DMLA
- Retina France
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