En résumé : en 2025, la prise en charge du glaucome s’appuie sur trois familles de nouveautés : des collyres préservés sans conservateur ou à nouveaux mécanismes d’action, la montée en puissance de la chirurgie mini-invasive (MIGS) et le développement d’implants à libération prolongée. Ces options complètent, sans les remplacer, les traitements historiques.

Pourquoi parler de nouveautés dans le glaucome ?

Le glaucome est une neuropathie optique (maladie du nerf optique) souvent associée à une pression intraoculaire élevée. Selon l’INSERM, plus d’un million de personnes sont concernées en France, et la maladie reste asymptomatique pendant des années. Le seul levier thérapeutique démontré pour ralentir la progression reste l’abaissement de la pression intraoculaire.

Raoul, 75 ans, suivi depuis douze ans pour un glaucome chronique à angle ouvert, a vu son traitement évoluer : d’un bêtabloquant seul, il est passé à une association fixe sans conservateur, puis à un laser SLT en 2024. Son ophtalmologue évoque désormais une éventuelle chirurgie mini-invasive. Ce parcours illustre la diversité des outils disponibles en 2025.

Les nouveaux collyres : mieux tolérés, mieux ciblés

Les avancées récentes en matière de collyres antiglaucomateux portent sur trois axes :

  • Sans conservateur : les flacons monodoses ou les systèmes multidoses sans chlorure de benzalkonium réduisent l’irritation et la sécheresse oculaire. L’ANSM encourage leur usage dans les traitements au long cours.
  • Nouveaux mécanismes d’action : les analogues de prostaglandines restent le traitement de première intention, mais des molécules ciblant le trabéculum (voie d’évacuation de l’humeur aqueuse) ont élargi l’arsenal.
  • Associations fixes : combiner deux principes actifs dans un même flacon améliore l’observance, surtout chez les patients âgés.

Justine, 39 ans, intolérante aux conservateurs depuis un traitement post-LASIK, a pu basculer sur une association fixe sans conservateur. Sa tolérance s’est nettement améliorée.

La chirurgie mini-invasive (MIGS) se généralise

Les MIGS (Minimally Invasive Glaucoma Surgery) désignent des chirurgies ambulatoires peu agressives, souvent associées à une opération de la cataracte. Elles consistent à implanter de micro-stents dans le trabéculum pour faciliter l’évacuation de l’humeur aqueuse.

Les recommandations de la Société Française d’Ophtalmologie (SFO) positionnent ces techniques chez les patients avec glaucome léger à modéré, non contrôlés par collyres ou avec mauvaise tolérance. Elles n’effacent pas la chirurgie filtrante classique (trabéculectomie), qui reste la référence pour les glaucomes évolués.

Les implants à libération prolongée

Une avancée notable concerne les implants intracaméraux qui libèrent un principe actif pendant plusieurs mois. Installés en consultation par l’ophtalmologue, ils évitent au patient de s’instiller des gouttes quotidiennement.

Cette approche intéresse particulièrement :

  • les patients avec problèmes d’observance,
  • les personnes âgées avec tremblements ou arthrose des mains,
  • les patients intolérants aux collyres.

Saïd, 62 ans, diabétique et souffrant d’arthrose, avait du mal à instiller ses gouttes matin et soir. Son ophtalmologue a envisagé un implant pour libérer le traitement en continu.

Le laser SLT en première intention

Le laser SLT (Selective Laser Trabeculoplasty) existe depuis des années, mais son usage a évolué. Plusieurs études internationales l’ont positionné comme traitement de première intention, avant même les collyres, pour certains glaucomes à angle ouvert. La HAS a progressivement intégré ce laser dans les parcours de soins.

Son principe : un laser sélectif cible les cellules pigmentées du trabéculum sans léser les tissus adjacents. La pression baisse en quelques semaines. L’effet dure en moyenne 2 à 5 ans et peut être répété.

Les pistes de recherche : neuroprotection et thérapie génique

Au-delà de l’abaissement de la pression, la recherche se concentre sur la neuroprotection du nerf optique. Plusieurs molécules sont à l’étude pour préserver les cellules ganglionnaires de la rétine, indépendamment de la pression. Aucune n’a encore d’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) en France à ce jour.

La thérapie génique et les traitements à base de cellules souches sont en phase expérimentale. L’INSERM et la SFO suivent ces travaux, mais les applications cliniques restent lointaines.

L’imagerie joue aussi un rôle dans la prise en charge

Les nouveautés ne concernent pas que les traitements. Les appareils d’OCT (tomographie par cohérence optique) permettent de mesurer l’épaisseur des fibres nerveuses rétiniennes avec une précision accrue. Les logiciels d’analyse intègrent désormais des comparaisons automatiques entre examens, utiles pour détecter une progression silencieuse.

Véronique, 48 ans, suspectée de glaucome à pression normale, bénéficie d’un suivi OCT semestriel. Les variations sont détectées avant même l’apparition d’une altération du champ visuel.

FAQ — Nouveautés thérapeutiques du glaucome

Les collyres classiques sont-ils dépassés ?
Non. Les analogues de prostaglandines restent la référence. Les nouveautés les complètent, notamment pour améliorer la tolérance.

Les MIGS sont-elles remboursées ?
Les actes et implants inscrits à la nomenclature sont pris en charge par l’Assurance Maladie. Certains dispositifs plus récents peuvent faire l’objet d’un forfait hospitalier particulier. Renseignez-vous sur Ameli.fr.

Un laser remplace-t-il les gouttes ?
Parfois, oui, pour un temps. Le laser SLT peut suffire plusieurs années. Il ne dispense pas d’un suivi régulier de la pression et du champ visuel.

La thérapie génique est-elle disponible en France ?
Pas encore en pratique courante. Les essais sont en cours dans quelques centres universitaires.

Un glaucome guérit-il avec ces nouvelles options ?
Non. Le glaucome ne guérit pas. Les traitements ralentissent sa progression. L’objectif reste de préserver la vision au long cours.

Ce qu’il faut retenir

  • Les collyres sans conservateur et les associations fixes améliorent la tolérance et l’observance.
  • Les MIGS sont des chirurgies mini-invasives indiquées pour les glaucomes légers à modérés.
  • Les implants à libération prolongée soulagent les patients peu observants.
  • Le laser SLT peut être proposé en première intention dans certaines situations.
  • La neuroprotection et la thérapie génique restent des pistes de recherche non encore disponibles.

Ressources officielles et maillage

  • Société Française d’Ophtalmologie (SFO) : recommandations sur le glaucome
  • HAS : parcours de soins du glaucome
  • ANSM : sécurité des collyres antiglaucomateux
  • Ameli.fr : remboursement des traitements du glaucome
  • INSERM : dossier glaucome

À lire aussi sur ophtalmos.fr : traitement du glaucome (collyres, laser, chirurgie), laser SLT pour glaucome, opération du glaucome et MIGS, champ visuel et glaucome.


Pour aller plus loin :

Expert en problèmes de vue et fatigues des yeux.

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