En résumé — L’OCT (tomographie en cohérence optique) est un examen non invasif et non douloureux qui permet d’obtenir une image en coupe de la rétine. Dans la rétinopathie diabétique, il est devenu incontournable pour diagnostiquer et suivre l’œdème maculaire, quantifier l’épaisseur rétinienne et orienter les décisions de traitement. Selon la SFO et la HAS, l’OCT est aujourd’hui un outil de référence, complémentaire du fond d’œil et de l’angiographie.
Qu’est-ce que l’OCT ?
L’OCT est un examen optique qui utilise un faisceau lumineux pour obtenir des images en coupe de la rétine, à la manière d’une « échographie optique ». Il permet de :
- Visualiser les différentes couches rétiniennes
- Mesurer précisément leur épaisseur
- Détecter des accumulations anormales de liquide
- Comparer les examens d’une visite à l’autre
Il est non invasif, non douloureux, sans injection et dure quelques minutes. C’est l’un des examens les plus pratiqués en ophtalmologie contemporaine.
Pourquoi l’OCT est-il central dans la rétinopathie diabétique ?
Parce que l’œdème maculaire diabétique est la première cause de baisse de vue chez les diabétiques. Or :
- Le fond d’œil peut sous-estimer un œdème débutant.
- L’angiographie montre les fuites mais pas l’épaisseur rétinienne.
- L’OCT, lui, quantifie objectivement l’œdème et son évolution.
Il permet de poser le diagnostic, d’évaluer la sévérité et de suivre la réponse au traitement avec une grande précision.
Ce que l’OCT met en évidence
1. Œdème maculaire diabétique
- Épaississement rétinien au niveau de la macula
- Espaces kystiques (zones hyporéflectives) dans les couches rétiniennes
- Décollement séreux rétinien (DSR), parfois sous-fovéal
- Perte de la dépression physiologique de la fovéa
2. Membranes épirétiniennes associées
Des membranes peuvent se développer à la surface de la rétine dans les formes avancées, visibles en OCT sous forme de lignes hyperréflectives.
3. Altérations des couches rétiniennes
- Désorganisation des couches internes
- Amincissement rétinien dans l’ischémie
- Altération de la zone ellipsoïde (couche des photorécepteurs), facteur pronostique
4. Œdème tractionnel
Lorsqu’une membrane ou le vitré exerce une traction sur la macula, un œdème peut apparaître. Indication possible de chirurgie vitréo-rétinienne.
5. Complications
- Hémorragie préréfinienne visible en élévation
- Néovaisseaux sous-jacents à un bombement rétinien (moins fréquemment imagés qu’en angiographie)
Les paramètres mesurés
Lors de chaque examen, plusieurs paramètres sont notés et comparés :
- Épaisseur maculaire centrale (CMT : central macular thickness) en micromètres
- Épaisseur cubique du volume maculaire
- Présence et taille des kystes
- Présence d’un DSR
- Intégrité de la zone ellipsoïde
Ces valeurs guident le clinicien pour initier, adapter ou espacer un traitement.
Le rôle de l’OCT dans le suivi du traitement
L’OCT est indispensable pour piloter les traitements par anti-VEGF ou corticoïdes intravitréens.
Avant le traitement
- Confirme l’œdème maculaire
- Quantifie sa sévérité
- Sert de point de référence
Pendant le traitement
- Évalue la réponse après chaque injection
- Guide la fréquence des injections (Treat & Extend, PRN)
- Détecte une récidive d’œdème avant la baisse de vue
Dans le suivi à long terme
- Surveille la stabilité
- Repère un passage à la chronicité
- Guide la décision de changer de molécule ou d’ajouter un corticoïde
Catherine, 73 ans, diabétique de type 2, présentait un œdème maculaire diabétique œil droit. OCT initial : CMT à 485 micromètres avec kystes fovéolaires. Après 3 injections d’anti-VEGF : CMT à 290 micromètres, disparition des kystes, acuité visuelle améliorée.
L’OCT-angiographie : un pas supplémentaire
L’OCT-angiographie (OCT-A) combine OCT et cartographie vasculaire. Elle permet :
- De visualiser les capillaires sans injection
- De détecter une ischémie maculaire
- De repérer certains néovaisseaux rétiniens
- De suivre dans le temps la perfusion maculaire
Elle complète l’OCT structurel et peut, dans certaines indications, remplacer l’angiographie classique.
Comment se déroule un OCT ?
- Installation devant l’appareil, menton et front posés
- Fixation d’un point lumineux
- Acquisition de quelques secondes par œil
- Aucune injection, aucun contact
- La pupille n’a pas toujours besoin d’être dilatée selon l’appareil et la zone à explorer
Durée totale : 5 à 10 minutes pour les deux yeux.
Les limites de l’OCT
- Images parfois perturbées par des médias opaques (cataracte, hémorragie vitréenne)
- Champ limité à la macula et au nerf optique pour la plupart des appareils
- Ne détecte pas directement toutes les lésions capillaires : OCT-A ou angiographie nécessaires dans certains cas
- Interprétation nécessitant une expertise médicale
FAQ
L’OCT est-il remboursé ?
Oui, sur prescription médicale justifiée. La rétinopathie diabétique (ALD 8) bénéficie d’une prise en charge à 100 % pour les examens indiqués.
Combien de fois faut-il faire un OCT ?
Chez un diabétique avec œdème maculaire sous traitement, tous les 1 à 3 mois en phase active, puis à intervalles plus espacés selon la stabilité. Chez un diabétique sans œdème, généralement une fois par an ou en cas de baisse de vue.
L’OCT détecte-t-il tous les stades de rétinopathie ?
Il ne remplace pas le fond d’œil pour visualiser les lésions périphériques (microanévrismes, hémorragies, néovaisseaux distants). Il est spécifiquement utile pour la macula.
L’OCT peut-il être réalisé par un orthoptiste ?
Dans le cadre de protocoles de coopération, oui, avec interprétation par un ophtalmologue. Sa réalisation technique est possible par un orthoptiste formé.
L’OCT-A remplace-t-il l’angiographie à la fluorescéine ?
Partiellement. Elle suffit dans de nombreux cas (macula, suivi) mais ne remplace pas totalement l’angiographie pour l’étude de la périphérie et des fuites dynamiques.
Ce qu’il faut retenir
- L’OCT est l’examen de référence pour l’œdème maculaire diabétique.
- Il est non invasif, rapide, indolore et reproductible.
- Il guide les décisions thérapeutiques (injections, laser, chirurgie).
- L’OCT-angiographie élargit les possibilités en visualisant la vascularisation sans injection.
- Il complète le fond d’œil et l’angiographie plutôt qu’il ne les remplace.
Ressources officielles
- HAS (has-sante.fr) : recommandations rétinopathie diabétique
- Société Française d’Ophtalmologie (sfo.asso.fr)
- INSERM : dossier rétinopathie diabétique
- Ameli.fr : ALD 8
- Fédération Française des Diabétiques
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