En résumé : le rapport cup/disc mesure la proportion entre l’excavation centrale de la papille optique et son diamètre total. Un rapport élevé (> 0,6) ou asymétrique entre les deux yeux est un signe d’alerte pour le glaucome. Mais il ne suffit pas à lui seul à poser le diagnostic.
Qu’est-ce que le rapport cup/disc ?
La papille optique (appelée « disc ») est la zone de sortie du nerf optique à la surface de la rétine. Elle comporte une dépression centrale naturelle appelée excavation ou cup.
Le rapport cup/disc (C/D) exprime la proportion entre le diamètre de l’excavation et le diamètre total de la papille. Il s’exprime entre 0 (pas d’excavation) et 1 (excavation totale).
Tom, 35 ans, a été surpris d’apprendre que son ophtalmologue regardait « un ratio » sur ses yeux. En pratique, c’est une mesure visuelle ou informatisée qui prend quelques secondes.
Pourquoi cette mesure importe dans le glaucome ?
Dans le glaucome, les fibres nerveuses périphériques se détruisent en premier. Cette destruction agrandit l’excavation centrale. Le rapport cup/disc augmente donc progressivement.
Un rapport :
- inférieur à 0,3 : généralement normal
- entre 0,3 et 0,5 : à surveiller selon le contexte
- entre 0,5 et 0,7 : suspect, nécessite un bilan
- supérieur à 0,7 : évocateur d’un glaucome évolué
L’asymétrie entre les deux yeux est aussi importante : une différence de plus de 0,2 entre les deux papilles est un signe d’alerte, même si les valeurs absolues restent dans la norme.
Comment l’ophtalmologue mesure-t-il le C/D ?
Plusieurs méthodes existent :
- Observation directe au fond d’œil avec une lentille de contact ou une lentille non-contact
- Photographie de la papille puis analyse informatique
- OCT papillaire qui mesure automatiquement le ratio et l’épaisseur des fibres
- HRT (Heidelberg Retinal Tomograph), moins utilisé aujourd’hui
L’examen prend quelques minutes. Il peut nécessiter une dilatation pupillaire.
Un grand rapport signifie-t-il toujours un glaucome ?
Non. Certaines personnes ont une excavation physiologique large sans être glaucomateuses :
- grande papille (mégalopapille)
- variation anatomique familiale
- myopie forte (papille inclinée, difficile à évaluer)
Inversement, certains glaucomes débutants présentent un rapport C/D encore normal, mais une asymétrie ou une encoche focale du rebord neuro-rétinien.
C’est pourquoi l’ophtalmologue évalue toujours plusieurs paramètres en plus du simple rapport.
L’aspect du rebord neuro-rétinien : la règle ISNT
Au-delà du rapport, l’ophtalmologue analyse l’épaisseur du rebord neuro-rétinien (le tissu nerveux autour de l’excavation) selon la règle dite ISNT :
- Inférieur : doit être le plus épais
- Supérieur : second plus épais
- Nasal : troisième
- Temporal : le plus fin
Une anomalie dans cet ordre (par exemple un rebord inférieur aminci) est suspecte.
Les autres signes suspects à la papille
Au-delà du C/D, l’ophtalmologue repère :
- les hémorragies papillaires (hémorragies de Drance) — très évocatrices de glaucome évolutif
- les encoches focales du rebord neuro-rétinien
- la pâleur papillaire
- l’atrophie péripapillaire (zone bêta autour de la papille)
- la visibilité des fibres nerveuses en photographie
Justine, 39 ans, présente une encoche focale inférieure de la papille sur l’œil gauche, typique d’un glaucome débutant.
OCT et C/D : une mesure plus précise
L’OCT papillaire mesure :
- le diamètre de la papille
- le diamètre de l’excavation
- le volume de l’excavation
- l’épaisseur du rebord (rim area)
- l’épaisseur des fibres nerveuses rétiniennes (RNFL)
L’OCT compare ces mesures à une base de données de patients normaux, codée en couleurs (vert, jaune, rouge). Cette représentation facilite l’interprétation, mais doit toujours être corrélée à l’examen clinique.
Suivi évolutif : le C/D change-t-il vraiment ?
Oui, mais lentement. Une augmentation du C/D de 0,1 sur quelques années est un signe de progression. Les photographies successives permettent la comparaison objective.
Les logiciels d’analyse détectent désormais ces variations avec une précision bien meilleure que l’œil humain.
Saïd, 62 ans, a vu son rapport C/D passer de 0,5 à 0,6 sur 5 ans malgré son traitement. Un renforcement thérapeutique a été proposé.
Cas particuliers : myopie forte et mégalopapille
Chez les myopes forts, la papille est souvent :
- inclinée
- agrandie
- entourée d’une atrophie péripapillaire
Le rapport C/D est alors difficile à interpréter. L’OCT papillaire est indispensable, associé au champ visuel et à l’OCT maculaire (mesure des cellules ganglionnaires).
Dans les mégalopapilles (grandes papilles), le C/D est physiologiquement élevé sans glaucome.
FAQ — Rapport cup/disc
Le C/D est-il héréditaire ?
La taille de la papille et sa configuration ont une part génétique. Un C/D élevé familial n’est pas forcément pathologique.
Un C/D élevé annonce-t-il forcément un glaucome ?
Pas toujours. Il justifie un bilan complet (pression, OCT, champ visuel).
Peut-on surveiller son C/D à la maison ?
Non. Il faut un matériel d’ophtalmologie.
Le C/D peut-il diminuer ?
Non, les lésions nerveuses ne régressent pas. Un C/D peut sembler évoluer à la hausse ou à la baisse selon l’examinateur, mais il ne diminue pas réellement.
L’OCT est-il plus fiable que l’examen visuel ?
Plus reproductible, oui. Mais il doit être interprété par un ophtalmologue qui corrèle avec l’examen clinique.
Ce qu’il faut retenir
- Le C/D mesure la proportion d’excavation de la papille optique.
- Un rapport élevé ou asymétrique est évocateur d’un glaucome.
- L’aspect du rebord neuro-rétinien et les hémorragies de Drance sont aussi des signes clés.
- L’OCT fournit une mesure précise et reproductible.
- Le C/D seul ne fait pas le diagnostic : il s’interprète avec la pression, le champ visuel et l’OCT.
Ressources officielles et maillage
- SFO : recommandations diagnostic glaucome
- HAS : parcours de soins glaucome
- INSERM : dossier glaucome
- Association France Glaucome
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