En résumé : la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) est une maladie de la rétine centrale qui touche les plus de 50 ans. Elle existe sous deux formes : sèche (la plus fréquente, d’évolution lente) et humide (avec néovaisseaux, d’évolution rapide). La forme humide se traite par injections intravitréennes.
Qu’est-ce que la DMLA ?
La DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) atteint la macula, zone centrale de la rétine responsable de la vision des détails, de la lecture, de la reconnaissance des visages.
Selon l’INSERM, environ 1 million de personnes en France sont atteintes de DMLA. La prévalence augmente avec l’âge :
- 1 % avant 55 ans
- 10 % après 65 ans
- 25 à 30 % après 75 ans
La DMLA ne rend pas aveugle au sens strict : la vision périphérique est préservée. Mais la vision centrale peut devenir très altérée, rendant la lecture et la conduite difficiles.
Véronique, 48 ans, dont la mère souffre de DMLA, s’inquiète pour son propre avenir. Elle a appris que le suivi et la prévention existaient bien avant l’âge typique de la maladie.
Comment fonctionne la macula ?
La macula est une zone de 3 à 5 mm de diamètre au centre de la rétine. Elle contient la plus forte densité de cônes (cellules photoréceptrices responsables de la vision des détails et des couleurs).
En son centre se trouve la fovea, zone de maximale acuité. C’est elle qui permet de lire ce texte.
Dans la DMLA, les photorécepteurs de la macula s’altèrent progressivement. La vision centrale baisse, tandis que la vision périphérique reste intacte.
Les deux formes de DMLA
Forme sèche (ou atrophique)
La DMLA sèche représente environ 85 % des cas. Elle évolue lentement, sur plusieurs années. Mécanisme :
- accumulation progressive de drusen (dépôts de déchets sous la rétine)
- amincissement de l’épithélium pigmentaire rétinien
- apparition de zones d’atrophie géographique dans les stades avancés
Elle ne se traite pas activement. Le suivi et la prévention (alimentation, arrêt du tabac, photoprotection) sont essentiels.
Forme humide (ou exsudative, ou néovasculaire)
La DMLA humide représente 15 % des cas. Elle évolue rapidement, parfois en quelques semaines. Mécanisme :
- prolifération de néovaisseaux anormaux sous la rétine
- fuite de liquide et de sang dans la macula
- destruction rapide des photorécepteurs
Elle se traite par injections intravitréennes d’anti-VEGF (Lucentis, Eylea, Avastin, Beovu, Vabysmo…). Sans traitement, la perte de vision est rapide et souvent définitive.
Comment passe-t-on d’une forme à l’autre ?
Une DMLA sèche peut évoluer en DMLA humide à tout moment. C’est pourquoi un suivi régulier est indispensable. Le test d’Amsler (une grille à regarder régulièrement à la maison) permet de détecter une déformation soudaine, signe d’une possible bascule vers la forme humide.
Saïd, 62 ans, atteint de DMLA sèche, a repéré une déformation de la grille d’Amsler sur son œil gauche. Il a consulté dans les 48 heures : un traitement par injections a été mis en place à temps.
Les facteurs de risque
Facteurs non modifiables
- âge (premier facteur)
- antécédents familiaux (risque multiplié par 3 à 4)
- origine caucasienne (plus à risque que les autres populations)
- sexe féminin
- yeux clairs (moins de mélanine protectrice)
Facteurs modifiables
- tabagisme (risque multiplié par 2 à 4, SFO)
- alimentation pauvre en fruits, légumes et oméga-3
- surpoids et obésité
- hypertension artérielle
- exposition solaire sans protection
Les symptômes de la DMLA
Les premiers signes sont souvent discrets :
- vision centrale floue, même avec lunettes
- déformation des lignes droites (métamorphopsies)
- tache centrale sombre (scotome)
- besoin accru de lumière pour lire
- difficulté à reconnaître les visages
- altération des couleurs
La vision périphérique reste intacte : les patients ne se cognent pas, peuvent se déplacer, mais ne peuvent plus lire ni conduire confortablement.
Le diagnostic
L’ophtalmologue réalise :
- fond d’œil : visualisation des drusen, de l’atrophie, des hémorragies
- OCT maculaire : imagerie en coupe de la macula, détecte les néovaisseaux et l’œdème
- OCT-angiographie : visualise les vaisseaux rétiniens sans injection
- angiographie rétinienne (rarement) : avec injection de fluorescéine ou vert d’indocyanine
- grille d’Amsler : auto-surveillance à domicile
Les traitements actuels
Forme humide
- Injections intravitréennes d’anti-VEGF : Lucentis (ranibizumab), Eylea (aflibercept), Beovu (brolucizumab), Vabysmo (faricimab), Avastin (bevacizumab, hors AMM officielle)
- rythme : injection initiale mensuelle pendant 3 mois puis adaptation (protocole TREAT AND EXTEND ou PRN)
- suivi OCT mensuel ou bimensuel
Forme sèche
- pas de traitement médicamenteux validé pour l’instant
- supplémentation AREDS2 (lutéine, zéaxanthine, zinc, vitamines C et E, oméga-3) dans les formes intermédiaires
- arrêt du tabac
- photoprotection
- aide à la basse vision
Formes avancées
- rééducation orthoptique basse vision
- aides optiques (loupes, télé-agrandisseurs, applications)
- accompagnement par l’Association DMLA ou Retina France
Prévention
Quelques recommandations validées par la HAS et la SFO :
- ne pas fumer
- manger régulièrement fruits, légumes verts, poissons gras
- porter des lunettes de soleil filtrant 100 % UV
- surveiller sa tension artérielle
- passer un fond d’œil de dépistage dès 55 ans, ou plus tôt en cas d’antécédents
FAQ — DMLA
La DMLA rend-elle aveugle ?
Non au sens légal. La vision périphérique reste. La vision centrale peut devenir très altérée.
La forme sèche peut-elle devenir humide ?
Oui, à tout moment. D’où l’importance du suivi et de l’auto-test d’Amsler.
Les injections sont-elles douloureuses ?
Non. Elles sont réalisées sous anesthésie topique. Une gêne transitoire est possible.
La DMLA est-elle héréditaire ?
Une part génétique existe (risque multiplié par 3 à 4 en cas d’antécédent familial), mais l’environnement (tabac, alimentation) joue aussi un rôle majeur.
Peut-on guérir d’une DMLA ?
Non. Les traitements stabilisent ou ralentissent, ils ne guérissent pas.
Ce qu’il faut retenir
- La DMLA atteint la vision centrale à partir de 50 ans.
- Deux formes : sèche (lente, 85 %) et humide (rapide, 15 %).
- La forme humide se traite par injections intravitréennes d’anti-VEGF.
- La forme sèche n’a pas de traitement médicamenteux validé.
- Prévention : arrêt du tabac, alimentation, photoprotection, dépistage.
Ressources officielles et maillage
- SFO : recommandations DMLA
- HAS : parcours de soins DMLA
- INSERM : dossier DMLA
- Ameli.fr : remboursement injections intravitréennes
- Association DMLA
- Retina France
À lire aussi sur ophtalmos.fr : DMLA sèche et vision, DMLA humide et injections intravitréennes, symptômes de la DMLA, facteurs de risque et prévention.
Pour aller plus loin :
